Qui n’a jamais rêvé de jouer les robins des bois dans son jardin, perché dans une petite maison en haut d’un grand arbre. Comme Bart Simpson, Tarzan ou un Ewok de Star Wars, vous souhaitez aussi replonger dans la jeunesse et fabriquer un petit coin de paradis perché ?

C’est tout à fait possible ! Mais évidemment, il n’est pas question de faire cela n’importe comment.

On ne s’embarque pas dans un tel projet pour voir sa cabane retomber lourdement au sol parce que l’arbre choisi ne supporte pas son poids. Ce serait bien évidemment dangereux.

De même, mal démarré, le projet peut tout simplement être impossible à réaliser : à quoi bon avoir un arbre magnifique s’il est trop compliqué de monter les planches, car les branches support sont trop haute.

Pas de panique ! On va régler tous ces problèmes un par un et vous donner les questions à vous poser lorsque vous serez face à l’arbre que vous avez envisagé pour agrandir verticalement votre maison.

Montez sur le premier barreau de l’échelle de corde et débutons ensemble votre projet de cabane dans les arbres !

Je n’ai pas d’arbre dans mon jardin, comment construire ma cabane ?

Enfonçons tout de suite cette porte ouverte. Pour construire une cabane dans un arbre, il faut un bon arbre bien solide et qui respecte certains critères. Qui dit arbre bien solide dit arbre d’un certain âge. Il n’est pas possible de planter un vieil arbre. Ils arrivent dans votre sol durant leurs premières années.

Si vous n’avez pas d’arbre adapté, le mieux est d’en planter un maintenant, pour faire profiter de votre cabane à vos enfants ou petits enfants.

Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment est maintenant.

Choisir le bon arbre pour sa cabane perchée : ce que vous devez vérifier

  1. Espèce de l’arbre : Certaines essences sont plus adaptées comme le hêtre, le chêne et l’érable. Le sapin peut également être envisagé, mais sa résistance aux maladies et aux insectes peut être problématique.
  2. Âge de l’arbre : L’âge doit être pris en compte pour déterminer si l’arbre est suffisamment solide et stable. Un arbre âgé de 20 ans est souvent recommandé, car il a déjà acquis une certaine maturité et solidité.
  3. Taille et forme de l’arbre : Les arbres avec une base solide et robuste, ainsi qu’un tronc droit et relativement épais, sont généralement favorisés pour accueillir une cabane perchée.
  4. Emplacement : L’emplacement de l’arbre dans le jardin doit également être étudié, en veillant à respecter la législation en vigueur concernant les distances entre constructions et limites de propriété.

Le saviez-vous : il existe des normes professionnelles pour la construction d’une cabane dans les arbres ?

Les grands enfants ne sont pas les seuls à vouloir installer une cabane dans un arbre. Il existe tout un ensemble de professionnels qui proposent des expériences allant de la nuit insolite en glamping (exemple) à l’accrobranche qui se posent les mêmes questions. Pour y répondre et offrir des expériences sécurisées, les pouvoirs publics comme l’ONF posent des recommandations et des normes dont vous pouvez vous inspirer pour votre projet.

Pour mieux comprendre ces critères et faciliter votre choix, vous pouvez consulter des sites spécialisés comme LegiFrance.

Bien entendu, pour un projet personnel, ces normes ne sont pas des obligations, mais cela vous aidera à choisir un arbre en toute sécurité pour accueillir votre cabane robinsonne.

Zoom sur les essences d’arbres idéales pour une cabane perchée

Certaines essences d’arbres sont plus adaptées que d’autres pour soutenir une cabane. On liste ci-dessous des variétés d’arbres courantes en France.

A l’inverse, certaines peuvent être dangereuses comme le bouleau, peuplier ou le robinier : ils sont trop fragiles ! On évitera par ailleurs les arbres dits « colonnaires », tout simplement trop fins pour accueillir une cabane. Le cypré, par exemple, n’a pas de branches suffisantes pour porter votre cabane.

Enfin, surtout ne la construisez pas dans un If. Même si ses branches peuvent être solides, sa sève est un poison mortel !

Voici quelques-unes des espèces les plus populaires :

1. Le hêtre (Fagus sylvatica)

Le hêtre est un arbre imposant et majestueux, particulièrement résistant et durable. Son tronc droit et solide en fait un excellent choix pour soutenir une cabane. La montée de la cabane peut se faire par des escaliers ou même par des petites barres fixées au tronc. En outre, son feuillage dense offre un bel espace ombragé sous la cabane et une belle vue panoramique depuis celle-ci.

2. Le chêne (Quercus)

Le chêne est, lui aussi, très résistant et ses branches épaisses peuvent aisément supporter le poids d’une cabane. De plus, il présente un avantage esthétique avec ses formes majestueuses et son allure imposante. Le chêne peut être facilement reconnu grâce à ses feuilles lobées et ses glands caractéristiques. Sa longévité de plusieurs centaines d’années en fait un véritable symbole de la forêt française.

3. L’érable (Acer)

L’érable est un autre choix idéal pour soutenir une cabane perchée, grâce à sa croissance rapide et à la résistance de son bois. Ses branches fines, mais robustes, sont propices à supporter le poids du bâtiment. En outre, l’érable offre un bel ombrage en été avec ses feuilles aux couleurs vives qui muent vers des teintes orangées et rougeâtres durant l’automne.

Mais si vous n’avez pas un de ces arbres dans votre jardin, pas panique ! Voici une liste plus complète d’essences courantes de bois qui pourront parfaitement accueilir votre cabane.

  • Sapin (Abies spp.) : Bonne hauteur et branches résistantes, idéal pour une cabane en hauteur.
  • Cèdre (Cedrus spp.) : Résistant à la pourriture et aux insectes, avec une belle couleur et un parfum agréable.
  • Tilleul (Tilia spp.) : Bois souple et facile à travailler, idéal pour des conceptions personnalisées.
  • Séquoia (Sequoia sempervirens) : Extrêmement durable et résistant, parfait pour un projet de grande envergure.
  • Châtaignier (Castanea spp.) : Résistant à la pourriture, offre une bonne supportabilité et esthétique.
  • Mélèze (Larix spp.) : Se distingue par sa résistance et son aspect esthétique, particulièrement en automne.

L’ONF propose des recommandations à destination des professionnels qui indiquent des espèces d’arbres à éviter. Cette liste détaille les variétés qui proposent de belles branches solides, mais qui tendent à se contracter au serrage des fixations.

  • Le Marronnier.
  • Le Frêne
  • Le Noyer
  • Le Pommier
  • Le Robinier
  • Le Douglas

Quelques critères techniques à garder en tête

Même si vous avez trouvé l’arbre idéal, il reste quelques points à prendre en compte avant de se lancer dans la construction de votre cabane :

  • Type de sol : Vérifiez que le sol autour de l’arbre permet d’ancrer solidement votre cabane. Un sol sablonneux ou argileux pourrait fragiliser ces ancrages. C’est notamment le cas pour des arbres sur sol en pente, sur terrain sableux comme dans les Landes ou en Gironde.
  • Maladies : Les arbres vifs et sains résistent mieux aux maladies ; pensez donc à surveiller régulièrement la santé de votre arbre après la construction de la cabane. Un champignon se développant à l’intérieur de l’arbre peut rendre l’ensemble dangereux et friable, même après la construction.
  • Inclinaison du terrain : Une pente trop prononcée autour de l’arbre peut rendre l’accès à la cabane difficile.
  • Les éventuelles contraintes administratives : Renseignez-vous auprès de votre mairie pour connaître les règles d’urbanisme en vigueur et, le cas échéant, faire une demande de permis de construire. En général, s’il s’agit d’une cabane de loisir pour vos enfants, aucune autorisation n’est à prévoir. Attention cependant, si votre terrain évolue sur une zone naturelle… c’est une autre histoire. Dans ce cas, il faut une exception. Cela nécessitera une prise d’information dans votre mairie.

Pour aller plus loin : comment protéger l’arbre et assurer la longévité de votre cabane perchée ?

Une fois l’arbre sélectionné et les derniers détails réglés, il est essentiel de préserver sa santé tout au long du processus de construction et d’utilisation de la cabane. Voici 4 conseils pour vous guider dans cette démarche :

Evitez d’endommager l’écorce pendant la construction

Lors de la fixation de la cabane sur l’arbre, n’hésitez pas à utiliser des colliers spéciaux qui permettent d’attacher sans percer ni blesser le tronc et le cambium (couche de cellules située entre l’écorce et le bois).

On parle ici des mêmes colliers que l’on retrouve dans les centres d’accrobranche.

Si vous réalisez un perçage, assurez vous de le faire avec des tirrefonds adaptés et désinfectés. Voir exemple ci-dessous.

Limiter le poids supporté par l’arbre

Privilégiez des matériaux légers pour construire la cabane afin de ne pas affaiblir l’arbre. Listez le poids total du bois qui la constitue pour pouvoir procéder à des estimations. Utilisez des planches relativement fines pour réduire la masse totale.

Ménager un espace autour du tronc

Pour que l’arbre puisse continuer à grandir naturellement, laissez-lui suffisamment d’espace autour de son tronc lors de la construction.

Surveiller régulièrement l’arbre

Pour éviter les problèmes de santé et assurer une longévité optimale, observez fréquemment les signes éventuels de maladies ou de dépérissement de l’arbre et consultez un professionnel si besoin.


Georges

D'origine Britannique, je suis jardinier professionnel. J'ai travaillé aux quatre coins de la France dans l'aménagement et l'entretien de jardins de particuliers. Sur ce site, je vous partage ma passion pour le jardinage et vous propose de nombreux conseils pour trouver et utiliser les meilleurs outils de jardinage, décorer votre extérieur et profiter au mieux de votre terrasse. Mon objectif : vous aider à faire de votre jardin un petit coin de poésie !