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Banc autour d’un arbre : comment le choisir et l’installer sans abîmer l’arbre ?

banc autour d'un arbre

Pour installer un banc autour d’un arbre, partez du tronc : mesurez-le et laissez au moins 15 cm de jeu de chaque côté, car il continue de grossir. Posez ensuite le banc sur ses pieds, sans le fixer à l’arbre ni creuser à son pied.

Votre tilleul ou votre vieux chêne vous offre déjà l’ombre des après-midi d’été. Choisi pour lui, le banc vous en fera profiter des années, en laissant l’arbre grandir, respirer et garder ses racines intactes.

Quelle taille pour un banc autour d’un arbre ?

L’ouverture centrale du banc doit dépasser le diamètre du tronc d’au moins 30 cm, soit 15 cm d’espace de chaque côté entre l’écorce et l’assise.

Cet espace, c’est la place que l’arbre va prendre : un arbre isolé grossit d’un peu moins d’un centimètre de diamètre par an. Avec 15 cm de chaque côté, il a devant lui plusieurs décennies avant d’atteindre le bois.

Vous avez peut-être déjà vu, dans un vieux parc, une assise à moitié avalée par l’écorce. C’est le sort d’un banc posé trop près : le tronc finit par l’englober, et c’est l’arbre qui se blesse contre lui.

Comment mesurer votre tronc ?

Faites le tour du tronc au mètre ruban deux fois, au ras du sol puis à hauteur d’assise, et gardez la plus grande des deux mesures.

Le tronc s’évase en descendant vers ses racines, et c’est en bas que se posent les pieds du banc. Divisez ensuite ce tour par 3,14 pour obtenir le diamètre.

Prenons un tronc de 126 cm de tour : il fait 40 cm de diamètre. En ajoutant 15 cm de chaque côté, l’ouverture du banc mesure 70 cm.

Avec une assise de 45 cm de profondeur tout autour, le banc atteint environ 160 cm de diamètre. Sous un chêne ou un érable, qui poussent vite, nous vous conseillons de laisser un peu plus d’espace.

Quelle hauteur et quelle profondeur d’assise ?

Pour vous asseoir et vous relever sans effort, comptez au moins 45 cm de hauteur d’assise, pour une profondeur de 40 à 60 cm.

Côté places, prévoyez 50 cm par personne quand on se serre et 60 cm pour être à l’aise. Autour du tronc de 40 cm de notre exemple, six personnes s’installent ainsi confortablement.

Si des personnes âgées viennent s’y asseoir, des accoudoirs au bout d’un demi-cercle les aident à se relever.

Rond, hexagonal ou demi-cercle : quelle forme choisir ?

La forme dépend du tronc et de la place autour. Le rond assoit le plus de monde et l’hexagonal se fabrique plus simplement. Le demi-cercle ou les quarts conviennent à un tronc large, ou à un arbre planté près d’un mur ou d’une haie.

FormePour quel arbrePlaces autour d’un tronc de 40 cmÀ savoir
CercleArbre isolé, qu’on peut contourner6 à l’aise, 7 en se serrantLe plus confortable ; son assise courbe est plus délicate à fabriquer
HexagoneArbre isolé, qu’on peut contourner6, une par côtéCôtés droits, plus simples à couper ; prend un peu plus de place d’un angle à l’autre
Demi-cercle ou quartsTronc large, arbre près d’un mur, d’une haie ou d’un massifLa moitié ou le quart d’un cercleModules séparés, qu’on écarte quand le tronc grossit

Avec ou sans dossier ? Sans dossier, on s’assoit des deux côtés, face au tronc ou face au jardin. Avec un dossier, on reste plus longtemps, le dos calé contre le bois du banc et jamais contre l’écorce.

Les demi-cercles et les quarts ont un atout pour la suite : posés avec le même espace de 15 cm, ils s’écartent de quelques centimètres le jour où le tronc s’en approche. C’est la solution la plus souple pour un arbre encore jeune ou déjà imposant.

Certaines gammes sont pensées pour cela : les bancs tour d’arbre en teck massif de Takavor existent en cercle entier, en demi-cercle et en quart. La marque conseille un demi ou deux quarts posés à distance quand le tronc est trop large.

Sur la fiche d’un banc hexagonal, regardez la cote prise d’angle à angle : c’est elle qui compte pour la place au sol.

Quel bois pour un banc au pied d’un arbre ?

Choisissez un bois qui supporte le contact d’une terre humide, car les pieds du banc y reposent toute l’année, à l’ombre et sous les feuilles qui tombent.

Le robinier, qu’on appelle souvent acacia, est l’un des rares bois d’Europe à tenir au contact du sol sans aucun traitement.

Le teck en est capable aussi, mais sa durabilité varie selon l’endroit où il a poussé : demandez d’où il vient. Dans les deux cas, écartez les pièces qui gardent un bord plus clair, l’aubier, qui pourrit vite.

Troisième possibilité, le pin traité en autoclave pour la classe 4, c’est-à-dire pour un usage en contact direct avec le sol.

Le chêne et le châtaignier tiennent bien dehors, mais hors de la terre. Quant au mélèze et au douglas, souvent présentés comme naturellement durables, ils demandent pourtant un traitement dès qu’ils restent dehors.

Faut-il traiter ou lasurer le banc ?

Un bois durable se passe de produit et grisonne sans perdre sa solidité. Au fil des saisons, le teck ou le robinier prennent une teinte argentée qui va bien à un jardin.

Si vous tenez à la couleur miel du bois neuf, huilez-le une à deux fois par an.

Une lasure embellit le bois sans le rendre plus durable : un pin ordinaire lasuré reste un bois qui pourrit au contact de la terre.

Sur un banc en pin traité, gardez intactes les extrémités des pièces qui touchent le sol. Ne recoupez que celles du dessus, en repassant du produit sur chaque coupe.

Écartez enfin les vieilles traverses de chemin de fer : imprégnées de créosote, elles sont interdites de réemploi, au jardin comme ailleurs.

Un banc peut-il abîmer l’arbre ?

Oui, s’il touche l’écorce, enterre son pied ou tasse le sol. Posé à distance, il protège au contraire l’arbre, en éloignant de son tronc les pas et les chocs.

L’écorce est la peau de l’arbre. Une assise qui frotte ou une vis plantée dans le tronc y ouvre une plaie, et chaque plaie laisse entrer champignons et maladies.

Un banc ne se fixe donc jamais au tronc, même pour le rendre plus stable. Si le vôtre touche déjà l’écorce, agrandissez l’ouverture sans attendre, ou remplacez-le par des modules posés à distance.

Les racines sont aussi plus près de vos pieds qu’on ne le croit. Celles qui nourrissent l’arbre courent pour l’essentiel dans les 30 à 40 premiers centimètres du sol, et bien au-delà de l’ombre du feuillage.

Quand on marche sans cesse au même endroit, la terre se tasse. L’air et l’eau n’y passent plus, et ces racines s’étouffent peu à peu.

Pourquoi ne jamais enterrer le pied du tronc ?

Le collet, cette zone où le tronc devient racines, ne supporte pas d’être recouvert de terre : enterré, il risque de pourrir, et les racines manquent d’air.

C’est la limite des jolis bancs maçonnés remplis de fleurs autour d’un vieil arbre. Ils enterrent le collet et retiennent la pluie avant qu’elle n’atteigne les racines.

Sous un noyer, un chêne ou un hêtre, très sensibles à la terre rapportée, n’ajoutez aucune terre au pied.

Comment poser le banc sans toucher aux racines ?

Posez le banc sur ses pieds, sans plot, piquet ni fondation. Un banc en bois massif est assez lourd pour rester en place tout seul.

Ne creusez pas au pied de votre arbre : les racines fines qui le nourrissent courent juste sous la surface, et creuser sur 20 cm suffit à en arracher une partie.

Les tutoriels qui proposent d’enfoncer des piquets ou de couler des plots oublient l’arbre. Un banc posé a un autre avantage : il vivra moins longtemps que l’arbre, et vous pourrez le retirer un jour sans toucher à ses racines.

Si une racine affleure là où doit aller un pied, déplacez le pied. On ne coupe aucune racine pour installer un banc.

Et si le terrain penche ? Rattrapez la pente avec des cales posées en surface, sans creuser. Elles tiennent aussi le bout des pieds hors de la terre humide, là où le bois pourrit en premier.

Que mettre au sol sous le banc ?

Un paillis organique de 5 cm au plus, tenu à l’écart du tronc, suffit. Il garde la fraîcheur, nourrit la terre et amortit les pas ; collé contre l’écorce, il favoriserait en revanche les champignons.

Oubliez les dalles, le béton et la bâche. Les dalles et le béton obligent à creuser et ferment le sol ; la bâche n’apporte rien à la terre et gêne les échanges d’air et d’eau.

Si vous aimez le gravier, gardez-le en couche mince et laissez un anneau de paillis autour du tronc.

À l’automne, laissez les feuilles mortes là où elles tombent : elles forment un paillis gratuit. Ramassez-les seulement sous un marronnier, car la mineuse, un petit papillon dont la chenille creuse ses feuilles, y passe l’hiver.

À l’ombre de l’arbre, le gazon pousse mal ; des vivaces tapissantes qui aiment l’ombre le remplacent très bien. Évitez de planter des arbustes au pied d’un arbre déjà installé, car vous abîmeriez ses racines.

Quelques pas japonais jusqu’au banc vous éviteront enfin de piétiner tout le pied.

Comment fabriquer soi-même un banc tour d’arbre ?

Un bricoleur équipé d’une scie à onglet réglable peut y arriver, à condition de soigner la précision des angles. Un banc hexagonal se coupe à 30°, un octogonal à 22,5°.

Le piège, c’est que l’erreur se cumule d’une coupe à l’autre : un demi-degré de trop sur chacune des douze coupes d’un hexagone, et la dernière jonction ne ferme plus.

Réglez donc la scie sur une chute de bois, puis assemblez d’abord à blanc, sans vis, pour vérifier que tout se referme. Montez ensuite le banc en deux moitiés, que vous réunirez autour du tronc.

Prenez des vis en inox, de qualité A4 pour le chêne et le robinier, dont les tanins attaquent l’acier. Percez des avant-trous dans ces bois durs comme dans le teck.

Gardez enfin la règle des 15 cm autour du tronc : c’est elle qui fixe la taille de votre gabarit.

Sous quel arbre installer un banc ?

Un feuillu à l’ombre dense fait un très bon abri, comme un tilleul ou un marronnier, à condition d’accepter ce qui en tombe. Ses feuilles s’en vont à l’automne et laissent le soleil d’hiver revenir sur le banc.

Les tilleuls et les érables laissent tomber l’été un miellat collant, produit par les pucerons, sur lequel se forme un dépôt noirâtre. Sous ces arbres, choisissez une assise facile à rincer.

Le marronnier sème ses marrons à l’automne, le figuier ses fruits de juin à octobre. Si vous plantez l’arbre, choisissez une variété sans fruits, comme le marronnier ‘Baumannii’ ou le mûrier blanc ‘Fruitless’.

Sous un pin, vérifiez avant tout l’absence de nids de chenilles processionnaires : leurs poils sont urticants, surtout de novembre à mars, et ces nids doivent rester hors de portée des enfants.

Avant d’acheter ou de scier, partez de votre arbre

Prenez le tour de votre tronc au ras du sol et à hauteur d’assise, gardez le plus grand et divisez-le par 3,14.

Ajoutez au moins 30 cm pour l’ouverture, puis deux fois la profondeur d’assise pour la taille totale, et gardez de quoi circuler autour. Vérifiez enfin qu’un banc d’une seule pièce peut passer jusqu’à l’arbre.

Un banc choisi pour l’arbre, posé sans le blesser, lui laisse le temps de grandir. Et c’est lui, en retour, qui vous offrira son ombre pendant de longs étés.

Questions fréquentes

Peut-on faire un banc autour d’un arbre avec des palettes ?

Oui, à condition de choisir des palettes marquées HT, chauffées pour éliminer les parasites, sans produit chimique. Ce bois reste peu durable dehors : protégez-le, et écartez les palettes sans marquage, dont on ignore le traitement.

Peut-on installer un banc autour d’un jeune arbre ?

Oui, si vous prévoyez sa taille adulte : un tronc de 5 cm peut atteindre 15 à 21 cm de diamètre en 20 ans. Choisissez des modules que vous écarterez au fil des ans.
Tenez l’assise loin de son écorce, encore fine, comme de son tuteur, et passez le rotofil à une dizaine de centimètres du tronc.

Peut-on faire une table autour d’un arbre ?

Oui, avec les mêmes règles que pour un banc : un plateau qui ne touche jamais le tronc, de l’espace pour sa croissance et des pieds simplement posés, sans fondation.

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